Mots choisis

Pour les Blablateuses et Blablateurs.

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droopy
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Mots choisis

Messagepar droopy » mardi 21 mars 2006, 10h08

Extraits de bouquins, poèmes, citations, les mots que vous aimez.

Un soir au club- C. Gailly.

Il était 22 h 20. Mais l'idée de s'en aller sans avoir touché à ce piano le rendait malade. Il voulait jouer. En même temps se sentait incapable d'imiter son imitateur, de revenir au niveau, tout de suite, maintenant, de ce jeune brillant jazzman. Je suis trop vieux, pensa-t-il.
Dépassé, c'est bien ça. Son fils déjà le dépassait sur bien des plans. Ça n'a rien à voir mais quand même. Dépassé par un jeune qui avait tout assimilé de son jeu et qui maintenant jouait mieux que lui. Mieux, mieux, qu'est-ce que ça veut dire, jouer mieux ? pensa-t-il. Non, il ne s'agit pas de ça.
Simon brûlait de toucher à ce piano pour faire entendre ce qu'un style a d'inimitable. Autrement dit et j'en aurai fini avec Simon et la question du style, il voulait croire qu'après dix ans de silence total il pouvait encore jouer comme personne jamais ne jouera.
La vodka circulait dans son cerveau. La vodka faisait fonctionner son cerveau. Son cerveau fonctionnait comme il n'avait pas fonctionné depuis au moins dix ans. Pas mieux ni plus mal, autrement. Plus librement peut-être. Son coeur aussi battait différemment.
Il soupira, frissonna puis se mit à trembler. Sa décision était prise. Il sut qu'il allait y aller, y toucher à ce piano, s'en emparer. Il était 22 h 30.
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Kullervo
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Messagepar Kullervo » mardi 21 mars 2006, 10h20

Je ne m'en lasse pas! :wink: Un peu plus loin:

"Etes-vous Simon Nardis?
Je l'ai été, dit Simon. A Coppenhague, dit Debbie. Un peu partout, dit Simon. A New York aussi, dit Debbie. Oui, à New York aussi, dit Simon, et aussi ailleurs, un peu partout, je vous dis. Et maintenant ici, dit Debbie. Non, dit Simon, c'est fini, ce soir c'est juste une histoire, ici ce soir c'était juste une histoire de voir si. Si quoi? dit Debbie. Simon dit: Si vous et moi on est encore en vie."

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Messagepar Kullervo » samedi 25 mars 2006, 09h19

Toujours tiré du même livre, Un soir au club de Christian Gailly, LE passage parmi les passages (et il y en a, dans ce si beau livre), celui qui m'a vraiment achevé. Ça fait suite au passage cité par Droopy en haut de page:

Simon a commencé à jouer. Pas tout de suite. Il avait attendu dix ans et dix minutes. Il dut attendre quelques minutes de plus. Deux ou trois peut-être. Le temps de vaincre le tremblement de ses mains.
Il faut imaginer ces mains, qui tremblent, et Simon qui, toutes les quinze secondes environ, les cache derrière son dos, puis les montre à nouveau, les offre au piano, les lui propose, l'air de lui dire: Je t'ai abandonné mais je reviens.

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Messagepar droopy » samedi 25 mars 2006, 12h02

Je suppose que si on me redonnait une basse, ce serait ça... sauf que mes doigts ne sauraient plus lui "parler"!
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Messagepar dworkin » samedi 25 mars 2006, 18h15

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

-Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.



Baudelaire - Les fleurs du mal - LXXVIII

Spécialement pour droopy.
Avec un petit groupe que j'avais essayé de monter il y a deux ans, on en avait fait une interpretation libre très rock.... c'était bien sympa... mais ca ne vaudra jamais, jamais, le texte brut...

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Messagepar dworkin » samedi 25 mars 2006, 18h16

[...]

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D'un vaisseau qui souffre;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l'immense gouffre
Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir!



Baudelaire - Les fleurs du mal - La musique



Je me suis toujours reconnu la dedans lorsque je prenais ma guitare... :confused:

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Messagepar droopy » samedi 25 mars 2006, 19h11

Un de mes préférés... merci.
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Messagepar vickyperetz » samedi 25 mars 2006, 20h05

Toujours chez Baudelaire, j'aime aussi beaucoup ce poème:

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !


Baudelaire - Les fleurs du mal - A une passante

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Messagepar dworkin » samedi 25 mars 2006, 20h10

La politique
c'est simple
comme une gorgée d'eau.
Ils comprennent,
les gueules
bien nourries,
que si
en Russie
ils se prennent un doigt,
tout
le bras bourgeois
y restera.
[...]


maïakovski - ça va ! - 1926

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Messagepar droopy » mardi 28 mars 2006, 10h01

La plus belle chanson de Sheller. Un rêve pour moi...

J'en avais envie aussi

Moi, mon souvenir le plus sincère
Se trouve au fond d'une mélodie
Que jouait un type un peu solitaire
Et qui s'en est allé depuis.

Je vois l'image encore entière
De quand nous étions réunis,
Tu voulais voir d'autres lumières,
Et j'en avais envie aussi...

Et tous les gens regardaient vers la mer,
On s'en ira, ce n'est qu'un geste à faire, oooh
Pour toute la vie,
Ou pour un peu d'imaginaire
Juste le temps d'un peu d'oubli.

C'était dans l'ombre, c'était dans l'air
Par les chemins qu'on a suivis.
De la nuit sombre jusqu'au matin clair
Et j'en avais envie aussi...

Et tous les gens regardaient vers la mer,
On s'en ira, ce n'est qu'un geste à faire, oooh
Pour toute la vie,
Ou pour un peu d'imaginaire
Juste le temps d'un peu d'oubli.

Et puis, la vie qui fait ses affaires
Ami du jour, au ciel de lit,
Il te fallait ton univers
Et j'en avais besoin aussi...

Maintenant et toujours, comme hier,
Quand on se croise, on se sourit
C'est sans regrets, c'est sans mystères
J'en avais envie aussi...
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Messagepar droopy » mercredi 05 avril 2006, 08h27

Christian Gailly- extrait de Be-Bop.

Tel qu'il est là dans son coin de chambre, entre le radiateur et la fenêtre, la tête dans le rideau, comme ça, de dos, on pourrait croire qu'il boude, pleure, fait l'idiot, se tord de rire, de douleur, pas du tout, il joue du saxophone alto, le pavillon tout contre le rideau, ça étouffe le son.
Il est très tôt et il est en train d'improviser sur Lover man, une rengaine propre ou de nature à émouvoir les plus durs d'oreille, ça y est, le voisin est ému, il cogne au mur, les coups le réveillent, il s'arrête de jouer, s'arrêter de jouer c'est comme se réveiller, jouer aussi c'est comme se réveiller, c'est aussi comme trouver le sommeil, enfin bref, il se réveille très tôt le matin pour jouer, il joue très tôt le matin parce que le matin très tôt il joue bien, il joue très bien très tôt le matin, très tard le soir aussi, il joue très bien aussi le soir très tard, d'ailleurs très tôt le matin, le soir très tard, c'est la même heure et c'est la même humeur.
Il décroche le sax, ôte son collier, sort le bouchon de sa poche, le glisse sur le bec, ça fait penser au capuchon glissé sur la tête d'un faucon et Basile, c'est son nom, non, son prénom, son nom c'est Lorettu, se demande, c'est bien la première fois qu'il pense à ça, quel rapport il y a entre un bec de sax et une tête de faucon, entre la chasse, la chasse à quoi ?
Il se retourne, le jette sur le lit, le lit est près de la fenêtre, tout est près de la fenêtre, c'est petit, le sax rebondit sur le lit, il le regarde, ne peut plus le blairer d'un seul coup, c'est pas la première fois que ça lui arrive.
C'est bien simple, Si c'était un faucon fondant sur les oiseaux plus faibles, plus lents, plus faibles parce que plus lents, il lui tordrait le cou.
Il le saisit, lui tord le col, sépare le col du corps, le corps du col, range, couche corps et col dans la valise, ferme la valise, regrette déjà de l'avoir fermée, avec regret déjà revoit ciselé, non, gravé, aimerait revoir déjà, non, rien, du métal jaune, un fond de velours, rouge, des touches nacrées.

Il rebondit sur les marches comme une balle qui vous échappe quand on est môme, c'est à cause de ses baskets à bulle, à niveau à bulle, à pompe, à air, comprimé, il les a achetées, non, on verra ça plus tard.
Une fois dehors, à l'air libre, au grand air, l'air de réfléchir, comme s'il se demandait où tout ça va le mener, il se passe la main sur le visage, partout, se frotte les joues, le front, le menton, comme quelqu'un de fatigué qui se frotte le visage, ça fait du bien de sentir une main sur son visage, même la sienne, c'est vrai quand on est grand au point de ne plus être un enfant plus personne ne vous touche le visage, c'est dommage, comme si, en plus de la fatigue, il voulait effacer quelque chose, peut-être son visage d'enfant (...)
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Saderak
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Messagepar Saderak » mercredi 05 avril 2006, 23h10

Serge Reggiani
LE TEMPS QUI RESTE
Paroles: Jean-Loup Dabadie, musique: Alain Goraguer, 2002

Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures combien?
Quand j'y pense mon cœur bat si fort...
Mon pays c'est la vie.
Combien de temps...
Combien

Je l'aime tant, le temps qui reste...
Je veux rire, courir, parler, pleurer,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, partir, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste

Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait:
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes-en pour demain...

J'ai encore du pain,
J'ai encore du temps, mais combien?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...

Combien de temps...
Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je veux des histoires, des voyages...
J'ai tant de gens à voir, tant d'images..
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons,
C'est drôle, les cons, ça repose,
C'est comme le feuillage au milieu des roses...

Combien de temps...
Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je m'en fous mon amour...
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arrêtera..
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore...
D'accord?

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Messagepar droopy » mercredi 05 avril 2006, 23h36

(A mes 15 ans un peu énervés...)

L'irresponsable
-paroles et musique: Maxime Le Forestier-1975-

Vous avez condamné
Un jeune homme enfumé
A séjourner dans une drôle de clinique
Parce qu'on l'avait trouvé
Bizarrement piqué
Le long des bras par de drôles de moustiques.
Monsieur le Président,
Je suis venu devant
Votre cour sans entrave.
Je veux être jugé
Pour tout ce que j'ai fait
Dans ma vie, et c'est grave.


Refrain:
Je suis un homme dangereux
Pour mes semblables
Je suis un pauvre malheureux
Irresponsable.


A quatorze ans déjà
Je fumais le tabac.
Les trafiquants ont des moyens infâmes.
C'est dans les cabinets
Du lycée qu'on disait :
"Si tu fumes pas, tu plairas pas aux femmes."
Alors j'ai commencé,
Alors j'ai continué
Sans que nul ne s'oppose
Et je suis aliéné
Pour toute la journée
Quand je n'ai pas ma dose.


-Refrain-

Je n'étais pas très gai
Pour aller travailler.
On m'a mené jusqu'au bistrot d'en face,
Celui qui fait fortune
En vendant une à une
Le petite côte qui fait que l' boulot passe.
C'est pas qu'on m'ait poussé,
Mais payer des tournées
Ça fait monter ma cote.
Avoir le foie chagrin,
Dans le pays du vin,
C'est être patriote.


-Refrain-

Avec tous ces ennuis,
Je ne dors plus la nuit,
Mais à présent, qu'est-ce que cela peut faire ?
Un cachet tous les soirs,
La boîte un peu plus tard,
Je fais bouffer quarante apothicaires.
Ça ne me fait plus rien.
Je dors de moins en moins.
Il se peut que j'en crève.
Tant pis, je continue
Car si je ne dors plus,
Je fais de si beaux rêves.


-Refrain-

J'en suis à regarder
Tous les soirs la télé.
Pendant une heure, ma vie est supportable.
Je sais pas si ça tue
Mais on s'y habitue
Et ça devient un besoin redoutable.
Je vais mieux quand j'entends
Que l'on dit sur l'écran :
"Tout va bien, rien n'est grave."
Vous voyez où j'en suis :
Un drogué en sursis,
Une loque, une épave.


-Refrain-

Combien, à votre avis
Sommes-nous d'abrutis,
De sacs à vin, de fumeurs, d'insomniaques,
De marchands de tabac,
De marchands de calva,
De maladifs, de tarés, de maniaques ?
Bouclez donc sur-le-champ,
Monsieur le Président,
Tout ce monde qui sombre.
Si vous ne voulez pas,
Chantez donc avec moi
Que vous êtes du nombre.


-Refrain-
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Messagepar droopy » jeudi 06 avril 2006, 10h11

La politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir la merde, mais pas trop.
-Clémenceau-
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TripHop
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Messagepar TripHop » jeudi 06 avril 2006, 11h33

Il a du sortir ça à la fin d'un banquet bien arrosé avec son slip sur la tête...


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